Nous n’avions plus de nouvelles de Dale Grundle depuis 1998, année de la sortie de Stooping to fit, second et dernier opus des Catchers. Le musicien ne s’est pourtant pas perdu en route. Il vient de créer The Sleeping Years, son nouveau groupe. A l’écoute des premières chansons présentées sur le site du groupe, on constate que le songwriter n’a rien perdu de son savoir-faire pop et mélancolique. On espère qu’il pourra les graver bientôt car Celui qui nous donne des nouvelles aujourd’hui est à la recherche d’un label… [mai 2006]
Quelles furent les raisons de la séparation des Catchers ?
Bien en fait je ne crois pas qu’il y ait eu vraiment un moment où nous avons décidé de nous séparer. C’est venu progressivement, à mesure que la formation pour le live devenait de moins en moins importante ( nous avons fait la première partie de Dr. John au Royaume-Uni à trois et fait notre dernière tournée à deux) jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que moi écrivant à la maison. Si événement particulier il y a eu c’est probablement quand nous étions sur le point de faire un programme de la télévision irlandaise. J’ai senti que nous étions un peu perdus en tant que groupe à ce stade et que faire l’émission aurait été une erreur alors j’ai dit à Setanta que nous ne la ferions pas et que j’arrêtais tout un moment. Aussi, nous avions quelques problèmes personnels au sein du groupe- Alice et moi avions été en couple plusieurs années et quand nous avons rompu nous avons beaucoup donné en tant que personne. Nous n’avons jamais vraiemnt eu le temps ni l’espace pour guérir parce que nous travaillions ensemble tout le temps.
Que deviennent les autres membres du groupe ? Es-tu resté en contact avec eux ?
Oui, je suis en contact avec la plupart d’entre eux. Alice travaille maintenant en coulisses dans le milieu musical, elle se bat pour les droits des musiciens et organise des événements. Elle va très bien. Elle n’a jamais rechanté autant que je sache. Elle m’a aidée sur les demos des chansons de The Sleeping Years mais je ne crois pas qu’elle veuille s’impliquer à nouveau dans un groupe. Peter est tombé amoureux d’une infirmière australienne et il a déménagé à Melbourne avec elle et un chat errant qu’ils avaient trouvé dans les rues de Londres. Il vient de se remettre à la batterie avec un groupe là-bas. Je suis très content parce que c’est un musicien talentueux. Nous avons eu beaucoup de bassistes alors je ne vais même pas commencer à essayer de savoir ce qu’ils sont devenus…
Que s’est-il passé pour toi entre la fin de The Catchers et la formation de The Sleeping Years ?
J’ai commencé à travailler immédiatement sur de nouvelles compos et j’ai même joué deux concerts à Londres avec des amis mais ça ne marchait pas vraiment pour moi. Je crois que j’avais besoin d’un break après The Catchers et aussi après être sorti d’une très longue et intense relation. Pendant presque trois ans je n’ai pas écrit de musique. C’est incroyable quand j’y repense.
Le nom du groupe est-il un clin d’œil à la période de ta vie où la musique était pour toi une activité endormie ?
C’est une variation de la toute première phrase de la première chanson (Beauty No.3 – ‘In her sleeping years deeply slung…’) sur le premier album des Catchers- mais je crois que c’est aussi moi disant ‘ Voilà ce que j’ai fait pendant mon absence’.
Comment qualifierais-tu la musique de The Sleeping Years ? Qu’est-ce qui la différencie de celle que tu faisais avec The Catchers ?
Je ne crois pas que ce soit à des millions d’années lumière du son des Catchers- évidemment c’est la même personne qui écrit tout mais je crois que mon approche a beaucoup changé. Je travaille ma façon de chanter.
Alors qu’avec certaines chansons des Catchers je commençais avec des paroles ou un poème que je décomposais pour ensuite en composer la musique, beaucoup des nouvelles chansons ont été enregistrées avec moi chantant des ébauches de paroles sur une musique déjà aboutie. Du coup, je me suis laissé guider par le son des voyelles, ce qui m'a permis de découvrir des nouvelles facettes de ma voix.
Je suis aussi un bien meilleur musicien maintenant que je n’étais avec les Catchers alors j’ai plus de capacités à la guitare par exemple. Je crois que les éléments fondamentaux sont toujours les mêmes. C’est toujours très lyrique et certaines des musiques ont toujours ce son pop/folk que j’utilisais avec les Catchers. Je crois simplement qu’avec les années de pratique je maîtrise ça encore mieux. Merci mon dieu !
Quel rapport as-tu aujourd’hui avec Setanta, ton ancien label ? Une collaboration entre lui et The Sleeping Years était-elle envisageable ?
J’ai de très bonnes relations avec eux. C’est étrange parce que je commence à revoir beaucoup de gens de l’époque quand je joue autour de Londres. Keith du label est venu à quelques concerts et a été très sympa à propos des nouveaux morceaux, il essaie de me mettre en contact avec les gens. Je crois que Setanta est devenu un plus petit label maintenant. Je ne crois pas qu’ils soient en mesure de sortir notre album. Je crois qu’il auraient aimé mais je ne vois pas comment cela aurait été possible.
Serais-tu prêt à rentrer en studio aujourd’hui ?
Oui. Tout est écrit, nous essayons juste de trouver un label qui veuille bien nous signer. Je pourrais commencer à enregistrer l’album demain.
Tu as une voix reconnaissable entre mille. Quelles sont celles qui te touchent aujourd’hui ?
Merci. Je suis très content que tu penses ça. Récemment j’aime ce que font The Animal Collective, je suis à fond dans les signatures du label Anticon (Dose One en particulier), beaucoup de chanteurs de Alan Lomax Southern Journey Records– Sacred Harp shape note singing, etc. N’importe quoi qui soit si étrange et primitif que tu es frappé par l’originalité du son, ou tellement sincère que tu penses que seulement toi et le chanteur sont impliqués dans l'instant.
Deux de mes vieux favoris : Mark Hollis et Captain Beefheart.
Qui a réalisé la belle session de photos que l’on trouve sur ton site ?
C’est un vieux camarade de classe à moi Nial Pollock.
Quel souvenir gardes-tu de ton passage à Orléans il y a 11 ans ?
Si c’est celui auquel je pense, nous tournions avec un autre groupe, peut-être Edwyn Collins, mais nous avions terminé là en faisant notre propre concert. Je crois que c’était dans une école mais je ne suis pas sûr. La chose dont je me souviens c’était qu’une fille d’Irlande du nord qui connaissait Peter a fait son apparition. C’est tout. Nous avons fait tant de concerts en France et je m’en souviens de beaucoup mais c’était il y a longtemps. Cette période de nos vies était tellement excitante. Le public était tellement cool avec nous, nous essayions toujours de signer des trucs et de parler avec le plus de gens possible après les concerts, ça comptait beaucoup pour nous. |